Archive pour juillet 2010
Se souvenir de Carence

Voilà qui est amusant. Les critiques, les commentateurs, les collaborateurs occasionnels, les organismes subventionneurs, les potentiels acheteurs, les diffuseurs, les galeristes, les mécènes, les faux mentors, le simple public même (du haut de sa toute-puissance illusoire)… tous s’octroient le droit d’exiger de nous des justifications.
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Tandis que nous signions, le mois dernier, notre deux-centième œuvre sur carton, il s’en trouvait encore pour nous demander « pourquoi? ».
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Pourquoi le carton?
Est-ce par souci écologique? Pourquoi pas!
Pour dénoncer la surconsommation? Mais non! Consommez-nous! Consommez-nous!
Par amour du brun? Nous aurions été plus audacieux!
Pour l’originalité? Ce serait tellement banal!
Pour choquer? Si l’on voulait choquer, on cesserait de peindre, voilà!
Par misérabilisme? Nous ne serions pas les premiers!
Par dérision? Mais pour qui nous prenez-vous!!!
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Ce qu’il y a d’amusant (car oui, j’y arrive), c’est que déjà en 2002, dans les pages de l’Âcre registre, nous avions choisi de réagir à la situation par un poème. Mieux que d’expliquer les raisons du support, nous avions alors décidé d’en faire une cause et d’expliquer ce qui en résultait. Candidement, nous nous disions : « notre dessein ne pourrait être exprimé plus clairement ».
L’avenir d’alors, devenu le présent d’aujourd’hui, nous prouve maintenant le contraire. Comme nous avons beaucoup gagné en sagesse et en maturité depuis, nous ne souhaitons plus clarifier quoi que ce soit… il est donc de bon goût de simplement se répéter.
Voici donc ledit poème publié en 2002 dans le numéro XII de la version papier de l’Âcre Registre. Il est à noter que malgré la répétition au début de chaque strophe, ce poème s’intitule Carence
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Carence
Parce que le carton nous emballe
Je tolérerai l’intérieur des boîtes vides
J’autoriserai les crises d’épargne qui meurt
Je favorisai l’odeur de verrat fondu
Ma mère se sent bien
Je dois me lever
J’intensifie
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Parce que le carton nous emballe
L’auvent charge le doigt qui glisse
J’opte pour un lingot d’algues fraiches
Il est déjà l’heure
Donne-moi les franges à étinceler
Elles touchent sous le sol
Parce que le carton nous emballe
Je regarde et j’ininsouciance mes sueurs
Je jappe et j’enfleure
Ma gourde
Mes propres mots (déjà pointent ma nuque)
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le QUIZ
Maintenant, puisque l’époque est au ludique, allons-y avec une dose de jeu. Dans ce poème de trois strophes, chacune d’elle avait été écrite par l’une ou l’un d’entre nous. Huit ans après sa publication originale, êtes-vous capable de deviner qui a écrit quoi? Il n’y a rien à gagner mais, comme c’est pour le plaisir, vous devez vous forcez un peu!
(répondez par nos prénoms: Marie, Martin ou Louis)
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Parce que le carton nous emballe
Je tolérerai l’intérieur des boîtes vides
J’autoriserai les crises d’épargne qui meurt
Je favorisai l’odeur de verrat fondu
Ma mère se sent bien
Je dois me lever
J’intensifie
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Parce que le carton nous emballe
L’auvent charge le doigt qui glisse
J’opte pour un lingot d’algues fraiches
Il est déjà l’heure
Donne-moi les franges à étinceler
Elles touchent sous le sol
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Parce que le carton nous emballe
Je regarde et j’ininsouciance mes sueurs
Je jappe et j’enfleure
Ma gourde
Mes propres mots (déjà pointent ma nuque)
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