Catégories
Bookmarks

Ça y est, c’est fait, on nous déteste!

ou

Quand un torchon brule, j’aime l’embrasser… ma gueule pleine de Sambuca

Commentaire sur la réception d’un manifeste hargneux nous invitant sympathiquement à répondre à l’épineuse question : « de qui vous vous moquez tabarnak? »:

C’était à prévoir. C’était écrit dans le gris du ciel avec un gros marqueur usé, surligné quatre ou cinq fois d’orange fluo puis encerclé au Bic rouge histoire de donner à l’avertissement une allure esthétiquement dérangeante. Oui, il fallait s’y attendre… et c’est arrivé : notre propre générateur de manifestes a été utilisé contre nous.

Le gentilhomme (Marie est persuadée que c’est un homme, allez savoir pourquoi) s’est donné la peine d’embarquer quelques secondes dans notre jeu en se servant du générateur pour nous transmettre ses remontrances. S’étendant longuement dans la dernière portion du formulaire il nous accuse de bien des choses, évoque la soi-disant pauvreté de notre démarche et semble croire que nous ne créons que par moquerie. Chemin faisant, il entreprend aussi de nous instruire

Il nous informe par exemple, qu’« il y a une différence entre l’art et la merde! », ce à quoi nous sommes tentés de répondre (en cœur avec notre ami Manzoni) : « Ah oui? La merde de qui? »

Il poursuit et nous explique : « Il y a des gens qui se forcent vraiment et qui travaillent dur pour offrir au public quelque chose de beau. » Chose qui est vraie, nous en sommes conscients et, bien sûr, cela nous attriste beaucoup. Toutefois, le fait que nous atteignons la beauté sans fournir autant d’effort ne devrait pas ainsi provoquer la colère de ceux qui aiment en voir d’autre se forcer.

Puis, plus loin, il conclut, parlant de nous ou de ce que nous faisons : « je n’ai jamais vu du vide aussi mal habillé ». Comme quoi, si notre carrière d’artiste prenait fin un jour, entamer une carrière de styliste serait une autre mauvaise idée à envisager.

Sur ce, il signe d’une seule initiale, « J », et nous nous retrouvons avec une simple lettre comme plus charmant ennemi. (J, était-ce toi, l’éventreur d’affiches, en octobre dernier?)

Ma prévenance légendaire et mon amour des communications franches m’empêchent de ne pas répondre aux attentes et à cette apostrophe de J (car oui, ce J apostrophe comme dans j’aime, j’adore, j’adule…)

Cher J (donc), voir de la dérision dans notre travail est une erreur. Nous aimons l’art plus que notre propre personne et, s’il nous arrive de l’écorcher, c’est que notre amour est féroce. Il s’agit d’un pur et tendre sadisme passionné, comme celui qui en secret fait peut-être frémir votre maman. Nous portons en haute estime tout être se disant artiste et en au moins aussi haute estime celui qui l’est véritablement. Cela vous permettra de comprendre l’estime que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, aimant l’art (je le répète) encore plus que nous, si nous nous en moquons, c’est en toute convoitise pour la séduire, coquinement, puis l’attirer derrière le hangar pour lui montrer nos atouts.

Est-ce que ce serait de toi que l’on se moque? De toi cher J?
Mais non! Allons! ça ce voit : tu es artiste toi aussi. Allez! On t’attend, derrière le hangar. Fais comme nous, fais-toi beau!

6 réponses à to “Ça y est, c’est fait, on nous déteste!”

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.